C'était mardi soir, et c'était à la Halle Carpentier, dans le 13ème.
Légèrement en retard, je sors du métro à 19h, et suis étonné de voir autant de monde à la Porte de Choisy. Tout le monde irait donc voir Ségolène ? Et bien oui ! C'est le premier meeting où je vois autant de gens, et où on mets autant de temps à rentrer !! 45 minutes, juste pour aller du trottoir à l'entrée du gymnase ! (8000 personnes au total soi-disant, et 1500 qui n'ont pas pu entrer...)
Une petite consolation cependant, avec l'apparition de DSK dans la foule (enfin lui avait un bodyguard pour lui ouvrir la route...), que j'ai eu l'honneur de frôler et de toiser du regard !
Bref, après moultes piétinements, je parviens enfin à entrer dans l'antre du PS ! Et là, surprise : je ne vois rien ! Enfin si, des gens, partout, des têtes, des drapeaux, des affiches et les spots qui éclairent, je suppose, l'estrade en dessous... Quelques coups de coude plus loin, un endroit un peu plus dégagé, d'où je peux apercevoir la tête de celui qui parle, en l'occurence Delanoë, acclamé par la foule parisienne. Je croyais que les parisiens le détestaient avec sa politique de suppression des places de parking dans Paris, mais j'ai du me tromper... Discours sympathique, énergique, et plein de remerciements aux nombreux invités de la soirée : Strauss-Kahn, Chevènement, Emmanuelli, Kouchner, Huchon, Taubira, Montebourg, Lang, ... je dois en oublier, mais ils étaient venus nombreux pour soutenir la candidate PS.
On a même eu droit à la présence (surprenante?) de Philippe Torreton, qui a placé un petit speech entre Delanoë et Royal, basé sur une dénonciation de la politique de la droite et sur le fait qu'il se retrouve pleinement dans le programme de Ségolène.
En parlant de ça, justement; après s'être faite désirée longuement, Mme Royal s'élance derrière le micro. "Et ce soir, comme disent les rappeurs, Paris est dans la place. Et moi aussi, je suis là !" Très branchée, la mère Ségo ! Elle a parlé en tout 55 minutes, et à passé 95% de son temps de parole à dénoncer les méfaits des années de politique du gouvernement de droite, de reculs sur nos avancées sociales si durement acquises, et à taper à coup de bambou sur la tête de Sarkozy.
A commencer par sa phrase célèbre "La France, aimez-la ou quittez-la !", slogan, dit-elle, emprunté à la droite américaine du temps de la guerre du Vietnam et à la dictature brésilienne qui érigea cette phrase : le Brésil, aimez-le ou quittez-le !
Autres extraits de son discours, en vrac, histoire de vous résumer ce que j'y ai entendu :
-"Et je laisse à la droite ses mises en scène berlusconiennes à 4 millions d’euros la partie. C’est son choix."
-"Gouverner à coups de 49-3 comme elle l’a fait pour les retraites et pour le CPE, avant de reculer face à la mobilisation de la jeunesse, c’est fini."
-"Nous nous battons contre une droite dure, agressive, arrogante, qui dit tout et son contraire mais ne varie jamais vraiment sur l’essentiel, pour elle et pour elle seule : la défense de ses privilèges, de ses passe-droits, de ses abus, de ses réseaux, de ses clientèles, et de son impunité."
- "[...] Je ne parle pas, bien sûr, du salaire, de l’argent du travail, mais du profit facile. Pas l’argent du labeur mais le profit rapace. Pas l’argent des salaires mais le profit fainéant. Pas l’argent du risque pris par l’entrepreneur mais celui de la spéculation. Les profits avides de toujours plus : plus de licenciements boursiers, plus de dérèglementation, plus de stock-options, plus de privatisations, plus de marché sans foi ni loi. Ces profits arrogants qui se rêvent sans contraintes, sans contrôle, sans contre-pouvoirs. Ceux qui en possèdent bien plus qu’ils n'en pourraient dépenser en plusieurs vies trouvent encore le moyen de le cacher, de le dissimuler, préférant l’exil doré à l’impôt citoyen."
Enfin voilà, si vous le désirez, l'intégralité est disponible sur son blog. Vous l'aurez compris, il n'y avait pas dans ce que j'ai entendu de propositions ni de programme politique. Il parait que ce n'était pas fait pour ça, et que l'on assistait là à un "débat participatif". Je n'ai pas vu de débat, et on ne m'a pas demandé mon avis donc j'appellerai ça un "petit rassemblement entre sympathisants", sans champagne et sans proposition.
Vivement dimanche prochain (comme dirait M. Drucker), et le prochain meeting de Ségolène, où cette fois elle devrait nous présenter son programme ! Pfiouuu, j'ai presque cru qu'elle n'en avait pas...

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